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Algérie – Les hommes d’affaires frappés d’ISTN tentent de quitter le pays

Un vent de panique souffle dans les milieux d’affaires proches de l’ancien Président Abdelaziz Bouteflika poussant certains à tenter de prendre la fuite en traversant les frontières terrestres est. Toute la zone concernée est sous grande tension.

L’Algérie tout entière suit avec une grande attention les évènements qui s’accélèrent dans le pays depuis l’entrée en scène du chef d’état-major de l’ANP sur la scène politique. Au sommet, une véritable lutte de clans s’opère. Le clan présidentiel tente de résister aux sommations verbales de Gaïd Salah décidé à mettre en application l’article 102.
Fragilisé par la pression de la rue qui exige sa démission immédiate, le chef de l’Etat est à ce moment acculé. Le régime Bouteflika chute, menaçant l’écroulement de tous les réseaux d’influence et financiers tissés sous son règne.

Les manifestants qui défilent chaque vendredi ont dressé des portraits de personnes bien connues ayant bâti des fortunes personnelles à l’ombre du Président et de sa famille. Ils brandissent leurs portraits, les accusent d’avoir pillé le pays et réclament justice.
Bien informés, d’anciens hauts responsables et des hommes d’affaires bien connus apprennent qu’une liste de personnes particulièrement ciblées est en cours de préparation. Les rumeurs foisonnent sur les réseaux sociaux. Des sources bien au fait de la situation nous apprennent que des directives réelles ont été adressées à ce moment à tous les services chargés du contrôle des frontières afin de signaler les déplacements des personnalités.
Instruction a été également donnée de procéder à une fouille minutieuse de tous les bagages. La vigilance est à son maximum. Il n’a encore été procédé à aucune annonce officielle, mais certains parmi les concernés décident de quitter le pays en évitant cependant les aéroports. Les frontières terrestres est sont privilégiées.

Quarante-huit heures avant la démission de Bouteflika, Ali Haddad est arrêté alors qu’il tentait de se rendre en Tunisie par le passage d’Oum Tboul. Les éléments qui procèdent alors à son arrestation exécutent les premières directives reçues.
A ce moment, l’ancien président du FCE ne fait l’objet d’aucune interdiction de sortie du territoire national. Le choix du passage terrestre vers la Tunisie interpelle l’opinion, il soulève surtout des interrogations. Depuis trois jours, elles s’accentuent.
Haddad n’est pas le seul à avoir tenté de quitter le pays de cette manière. Un proche de Tahkout, son neveu apparemment, a fait lui aussi l’objet d’une arrestation ce dimanche alors qu’il se dirigeait vers la frontière. Il a été déféré devant le parquet d’El Kala pour non-déclaration d’une somme de 6 400 euros. A quoi devait servir cet argent ? s’interrogent également les personnes chargées de cette affaire.

Selon des informations rapportées par la presse, les mêmes services de sécurité ont également procédé à l’arrestation du neveu de Ammar Saâdani, ancien secrétaire général du FLN, durant la même journée. Police des frontières, Gendarmerie nationale et douanes sont en état d’alerte maximum. La situation, nous dit-on, a contraint ces services a renforcer y compris les effectifs au niveau des passages frontaliers.
Des barrages filtrants ont été également dressés dans les wilayas menant vers les zones proches de la Tunisie. Ordre a été donné de fouiller minutieusement les véhicules y compris dans les villes susceptibles d’être traversées.

Dans le pays, on s’interroge. Ce choix aurait-il un lien avec la situation de perméabilité des frontières souvent évoquée ? En Algérie comme en Tunisie, un constat effarant a été établi.
L’instabilité post-révolutionnaire tunisienne a cédé place à une situation fragile profitant aux bandes organisées et trafiquants de tous genre. A son époque, l’ancien Président Moncef Merzouki s’était publiquement inquiété de la situation prévalant dans les zones frontalières.

A Alger, les responsables tout aussi inquiets ont intensifié leur collaboration avec les services de sécurité du pays voisin, mais les choses ne semblent pas avoir évolué dans le sens souhaité. L’instabilité régnant au niveau des deux territoires, la corruption et l’importance des connexions entre bandes organisées régionales ont rendu la tâche difficile. Face à l’impossibilité de franchir les frontières ouest hautement sécurisées, les hommes d’affaires ont opté pour celles de l’est non seulement pour leur perméabilité mais aussi, affirment les connaisseurs, car «ils comptent aussi et surtout sur des réseaux garantissant la sortie des personnes et des capitaux», nous dit-on. Les mêmes sources poursuivent : «Certains s’étonnent des sommes d’argent dérisoires trouvées en possession des personnes qui tentaient de quitter le pays, il est clair qu’elles étaient destinées à corrompre, soudoyer les hommes qui veillent aux frontières et probablement ceux qui se trouvent aussi du côté tunisien, ces procédés sont très courants et cela explique aussi les raisons pour lesquelles cet argent n’a pas été déclaré.»

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