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Qui sont les 549 morts pour la France en Opex honorés le 11 novembre ?

Qui sont les 549 morts pour la France en Opex honorés le 11 novembre

Le président Emmanuel Macron inaugure lundi 11 novembre un monument à la mémoire des 549 morts pour la France en opérations extérieures depuis la fin des guerres de décolonisation, du Tchad à l’ex-Yougoslavie en passant par l’Afghanistan ou le Mali.

Olifant, Bérénice, Hermine, Courlis, Ifor, Arès, Detobs, Requin, Volcan. Ces noms ne vous évoquent certainement rien. Ils renvoient pourtant à des missions de l’armée française, plus précisément à des opérations extérieures (Opex). “Ce sont des interventions de l’armée française qui sont ordonnées par le pouvoir politique, majoritairement par le chef des armées, le président de la République. Elles existent depuis l’après-Algérie, c’est-à-dire depuis 1963. Elles ont jalonné l’histoire de notre pays, du général de Gaulle aux chefs de l’État qui lui ont succédé”, explique Jean-Pierre Pakula, président de l’Association nationale des participants aux opérations extérieures (Anopex).

Au cours de ces opérations, 549 soldats sont morts pour la France. Leurs noms seront désormais inscrits sur un monument inauguré lundi à l’occasion des cérémonies du 11-Novembre par le président Emmanuel Macron, dans le parc André-Citroën (Paris XVe). Le premier est celui de Marcello Orione, un adjudant-chef d’origine italienne, tombé dans une embuscade à l’âge de 38 ans, le 15 mars 1969 à Oum Hadjer au Tchad. Dans ce pays d’Afrique, ce sont en tout 129 combattants qui ont trouvé la mort entre 1969 et 2013.

De l’attentat du Drakkar à l’embuscade d’Uzbin

Mais c’est au Liban que les Opex ont été le plus durement touchés. 141 soldats de l’armée française y ont perdu la vie. “Il faut se souvenir de la date du 23 octobre 1983, le jour de l’attentat du Drakkar à Beyrouth qui avait fait 58 morts en une journée”, rappelle Jean-Pierre Pakula. Dix jours plus tard, entouré de dizaines de cercueils dans la cour des Invalides, François Mitterrand rendait un hommage national à ces morts pour la France. Des images qui, à l’époque, avaient marqué l’opinion publique.

Mais selon Jean-Pierre Pakula, les Français ont peu à peu oublié l’existence de ces soldats en opérations extérieures. “Il a fallu les attentats du 11-Septembre et l’intervention en Afghanistan en 2001 pour que les Français prennent conscience qu’il y avait toujours des soldats qui partaient loin pour défendre les intérêts de leur pays.” Le 18 août 2008, la France découvre avec stupeur que dix de ses militaires ont été tués lors d’une embuscade des Taliban dans la vallée d’Uzbin en Afghanistan. “Cela a été l’un des épisodes les plus forts de l’engagement militaire français dans ce pays”, souligne Jean-Pierre Pakula. “C’étaient tous des jeunes Français qui, à un moment donné de leur vie, ont décidé de faire un métier très particulier, celui des armes. Ils sont allés au bout de la mission qui leur a été demandée”, insiste ce colonel de l’armée de terre.

Des hommes et des femmes

Plus récemment, le 10 mai 2019, la mort des deux commandos marine Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont lors d’une mission pour libérer des otages au Burkina Faso a suscité une vague d’émotion. “Je vais souvent sur le pont Alexandre III lors du passage des convois funéraires pour les soldats. Je n’avais jamais vu autant de monde pour un hommage”, souligne Jean-Pierre Pakula. “Dans une société du chacun pour soi, les Français se rendent compte qu’il y en a qui au contraire œuvrent pour l’intérêt national, pour la préservation de notre liberté et pour la lutte contre le terrorisme. Cela marque la Nation quand des jeunes d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années vont jusqu’au sacrifice suprême.”

Parmi ces 549 noms, figurent aussi deux femmes. La première, Anita Mignot, est décédée en 2004 au Kosovo ; la seconde, Laurence Briançon-Forest, a trouvé la mort en 2007 lors d’un accident d’avion dans le Sinaï, en Égypte. Pour les honorer, le nouveau monument comporte six militaires en bronze portant un cercueil invisible : cinq hommes et une femme. “C’est aussi pour montrer que les armées d’aujourd’hui ne sont plus exclusivement masculines. Il y a des femmes dans toutes les unités”, précise Jean-Pierre Pakula.

Pour le président de l’Association nationale des participants aux opérations extérieures, cette sculpture comble surtout un véritable manque : “Les armées en avaient besoin. Ceux qui ont perdu des camarades, mais également les familles qui ont donné un des leurs : un enfant, un conjoint, un mari, un papa, une maman ou une sœur. Mais au-delà des proches, il y avait aussi besoin d’un lieu où toute la Nation puisse rendre cet hommage.”

Ce monument est malheureusement appelé à évoluer. De la place a été laissée pour inscrire à la feuille d’or les noms des prochains morts pour la France. Le dernier a été ajouté juste avant la cérémonie. Il s’agit de celui du brigadier Ronan Pointeau, tué le 2 novembre par un engin explosif dans le nord-est du Mali. Plus de 60 000 militaires français sont toujours engagés en Opex. Ils sont déployés dans le cadre de l’opération Barkhane au Sahel, l’opération Chammal en Syrie et Irak ou encore l’opération Daman au Liban.

Pour retrouver le nom et le parcours des soldats morts pour la France en opérations extérieures : Opex, une histoire des opérations extérieures depuis 1963, Historien-Conseil, édité par l’Anopex.

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