Tunisie – Communauté subsaharienne: Entretien avec Etien Henri Michel alias “Mike”, président de l’ASSIVAT

INTERVIEW SUBSAHARIEN

Aujourd’hui l’équipe d’AfroPlanete est allé à la rencontre de monsieur Etien Henri Michel communément appelé Mike dans la communauté ivoirienne en Tunisie, président de l’ASSIVAT ( Association des ivoiriens Actifs de Tunisie). Durant cet entretien, les questions les plus délicates que toute la communauté ivoirienne se posait sur la dite association et sur la personne de monsieur Etien Henri Michel ont été évoqué.

>>> Lire aussi : Tunisie – Communauté subsaharienne: Décès de deux ivoiriens

Vous verrez dans cet interview, les questions sur le gang de la brigade rouge, les causes de la mort d’Olivier Kasso, altercations entre Ange Seri Soka l’ASSIVAT et l’AIT. Ses rélations avec l’ambassade de la Côte d’Ivoire en Tunisie et plusieurs sujets qui étaient restés sans reponses dans cette communauté la plus nombreuse des subsahariens en Tunisie.

L’entretien

AfroPlanete : Qui est Etien Henri Michel ?

Etien Henri Michel : Je suis Etien Henri Michel, président de l’association des ivoiriens actifs de Tunisie dénommé (ASSIVAT)

AfroPlanete : Que fait Etien Henri Michel dans la vie ?

Etien Henri Michel : Je suis opérateur économique, représentant en Tunisie de la société CREATIS basée en Côte d’Ivoire.

AfroPlanete : Dans quel domaine exerce la société CREATIS ?

Etien Henri Michel : CREATIS exerce dans le domaine de l’imprimerie.

Afroplanete : Etien Henri Michel est-il marié ou a-t-il des enfants ?

Etien Henri Michel : Je suis fiancé et j’ai 3 enfants.

AfroPlanete : Pourquoi avez-vous choisi la Tunisie ?

Etien Henri Michel : Je n’ai pas choisi la Tunisie par hasard, j’ai prospecté tous les pays maghrébins dans les années 2003-2004 et il fallait choisir un pays où il y avait la stabilité, où il faisait bon vivre, un pays qui était bien pour les études, après analyse j’ai opté pour la Tunisie.

AfroPlanete : Après vos études pourquoi êtes vous resté en Tunisie ?

Etien Henri Michel : J’ai fini mes études après mon DSMA, je suis diplômé d’un BAC+4 . Après mes études, je me suis retourné en Côte d’Ivoire, après quelque stage comme il y avait l’instabilité au pays, je me suis retourné en Tunisie le temps que le pays soit stable.

Juste dire qu’après mes études je ne suis pas resté en Tunisie, je suis reparti en Côte d’Ivoire et le pays était en pleine crise en 2018. Je suis resté pendant un an et je suis allé au Sénégal, j’ai fait le Mali, la Mauritanie et c’est en 2011 que je suis revenu en Tunisie. Ce qui veut dire que je ne suis pas resté en Tunisie tout ce temps.

Comme je maitrisais le terrain tunisien j’ai fait de la Tunisie ma base et avec la société CREATIS je faisais des allers et retours Abidjan-Tunis pour le boulot.

>>> Lire aussi : Tunisie – Un subsaharien agressé dans le métro, les agresseurs cassent une bouteille sur sa tête

AfroPlanete : Comment vous est venue l’idée de vous présenter aux élections de l’ASSIVAT ?

Etien Henri Michel : Avant d’être candidat, j’étais le président des vétérans ivoiriens de la Tunisie, vous pouvez entendre par vétérans, des anciens footballeurs qui ont pris leur retraites internationale, des diplomates. Pendant plusieurs années j’étais le président des vétérans. Et pendant que j’étais à ce poste, nous passions tout notre temps à aider la communauté.

On jouait même le rôle de président de communauté sans être dans le bureau. Et lorsque le mandat du président qui était en exercice a expiré et que les élections ont été annoncés, nous nous sommes dit mais pourquoi ne pas être candidat et briquer le poste de président puisque sans être président nous jouons ce rôle et pour que tout le monde bénéficie de nos service à titre officiel, c’est ainsi que je me suis lancé comme candidat à la présidence de la communauté ivoirienne en Tunisie.

AfroPlanete : Pendant ces élections, il y a eu des altercations entre vous et monsieur Ange Seri Soka,qui avait parlé de trucages. Qu’est ce qui s’est réellement passé ?

Etien Henri Michel : C’est tellement simple à répondre à cette question. Moi j’étais candidat comme lui et vous savez en Afrique il ya toujours des mauvais perdants. Je n’étais pas membre de la CEI, je n’étais pas président du comité d’organisation, j’étais un simple candidat comme lui et je n’étais pas dans les bureaux de votes. Je ne peux pas comprendre qu’il ait eu 1000 inscrits et 1500 votants, je n’étais pas au courant de cela. Il n’a  contester les résultats et ce n’est pas maintenant qu’il viendra dire que j’ai truqué les élections, je ne me reconnais pas en cela et comme on a tendance à le dire, il ya toujours des mauvais perdants. Il a été un mauvais perdant et c’est tout. Il n ya pas eu de trucage.

AfroPlanete : Dans quel état avez-vous trouvé l’association à votre arrivée, trésorerie, bilan, etc. ?

Etien Henri Michel : Je penses qu’à partir du moment où la communauté ne devait pas à qui que ce soit, je crois que le bilan était positif. Il n y avait pas assez de moyen, ils se sont battus, ils ont tout fait pour maintenir l’ASSIVAT en vie. Nous avons trouvé un montant de 87 dinars tunisiens dans la caisse. Je pense que ce sont des personnes à encourager parce que nous voyions dans quelles conditions ceux-ci ont travaillé. Je suis un ancien, je suis en Tunisie depuis longtemps et je voyais dans quelle condition le président travaillait. Ce n’est pas facile de faire son « Djossi » et en même temps superviser toute la communauté. C’était un travail à saluer et nous les avions félicité pour le boulot qu’ils ont abattu du moment où ils ne devaient à personne parce qu’ils n’avaient aucune facture impayée. Leur bilan était positif.

AfroPlanete : Pourquoi la plupart des membres de votre bureau sont vos proches ? Sur quels critères les avez-vous sélectionnés ?

Etien Henri Michel : Monsieur le journaliste il fallait de venir un peu plus tôt pour éclairer les lanternes de la communauté ivoirienne  en Tunisie. Nous étions 3 candidats aux élections, à la dernière minute, le doyen Seka s’est rallié à ma candidature et nous sommes allés aux élections à deux avec le candidat Seri Ange Soka. Après les élections du 18 Mars, j’ai passé près de 4 mois dans des tracasseries avec le perdant Ange Seri Soka pour que nous puissions travailler ensemble parce que pour moice n’est pas une question de guerre car personne ne gagne mais c’est la communauté qui devait gagner. Etant donné qu’il avait des idées pour la communauté et que moi aussi j’en avait, après ma victoire je lui ai proposé de s’allier à moi pour former le bureau et au bout de 4 mois j’ai pu mettre mon bureau en place. J’ai nommé monsieur Ange Seri Soka Secrétaire Général alors qu’il n’était pas mon ami et surtout pour un adversaire, je lui ai donné plusieurs postes.

Chacun a apporté les membres de sa direction de campagne pour que nous puissions mettre le bureau en place. C’est 3 candidats qui se sont mis ensemble pour former le bureau. Les deux autres candidats n’étaient pas mes amis. C’est une coalisions qui a formé le bureau, ce n’est pas Etien Henri Michel qui a pris ses amis pour former le bureau. S’il ya les deux autres candidats dans le bureau, ce qui veut dire qu’il ya eu collision, ce ne sont pas que les proches de Etien Henri Michel qui sont dans le bureau, je crois que vous êtes mal renseigné.

AfroPlanete : Parlons de votre ex-secrétaire général monsieur Kasso dont la mort a touché la communauté ivoirienne en Tunisie voir internationale vu son statut, des bruits couraient sur les réseaux sociaux notamment dans la communauté ivoirienne en Tunisie selon lesquels sa mort ne serait pas naturelle. Que dites-vous de cela ?

Etien Henri Michel: Je vous remercie. Je salue la mémoire de ce grand homme, de ce frère qui est parti au moment où on l’attendait pas, je salue vraiment sa mémoire. Vous savez, en Afrique, il ya spéculations à chaque fois qu’il  ya des décès. Olivier Kasso était proche de moi, je peux dire que je l’ai connu avant tout ce monde. Quand il était footballeur en France, il venait on se voyait à longueur de journée, lorsqu’il est venu jouer en Tunisie on se voyait et nous avons tout fait ensemble. Je pense que c’est lui-même qui est à la base de la création des « vétérans ivoiriens en Tunisie » dont j’ai présidé pendant 2 ans et demi.

>>> Lire aussi : Tunisie – Communauté subsaharienne: Projet PATMT, pour la lutte du bien du travailleur migrants en Tunisie

Mais c’est un peu déplacer de dire que sa mort n’est pas naturelle parce qu’en Afrique on voit toujours une idée noires derrière ce qui arrive à l’être humain. Surtout notre pays la Côte d’Ivoire, tous ceux qui décèdent, c’est toujours des spéculations sur les réseaux sociaux qu’il a été empoisonnée comme s’il n’y avait pas de mort naturelle. Bien avant Kasso, il ya eu un jeune frère qui est décédé 3 ou 4 mois avant Olivier Kasso, un jeune avec qui on jouait ensemble, il marchait et s’est écroulé et est tombé, si c’était une autre personne il y aurait des spéculations.  Olivier était un de nos frères, c’est lui qui nous a invité ce jour la à partager un repas ensemble, nous étions près de 4 personnes avec lui.

On le savait asthmatique, même lorsqu’il jouait au football avec nous il avait sa vantoline avec lui toujours 24h/24. On le savait asthmatique et lorsqu’il a piqué sa crise, nous avons tout fait pour partir à l’hôpital dans les 15 minutes qui ont suivi. Je pense que pour un poison, ce n’est pas en 15 minutes que sa prend effet. Olivier Kasso n’a pas été empoisonné, notre frère est mort d’une crise asthme aigu selon les analyses du médecin et nous l’avons accompagné jusqu’à sa dernière demeure à Abidjan en famille, nous avons suivi toutes les étapes.

AfroPlanete : Un de vos proches monsieur Cissé qui appartenait à votre bureau est à présent enfermé pour trafic, que faites-vous pour ce dernier ?

Etien Henri Michel : Merci pour cette question. Lorsque tu es absent, on s’imagine assez de choses. Cissé n’est pas en prison, il est à Abidjan pour des raisons de documents de famille. Et je pense que pour ces genres de documents, cela prend assez de temps, il était parti et revenu mais le fait de faire des vas et biens fatigue donc il a préféré rester à Abidjan avec sa famille et ses enfants. Il est à présent à Abidjan et suit le cours normal des choses. Il reviendra un jour et vous le verrez, j’avais voulu l’appeler, si c’est possible je peux l’appeler mais cela ne sert à rien. Juste pour dire que parfois lorsque tu es malade, on s’imagine assez de choses soit on se dit que tu es malade, soit tu es mort, assez d’imagination. Il ya des personnes qui s’absentent pendant des mois voir des années mais on ne spécule pas.

AfroPlanete : Ce n’est plus un secret pour tout communautaire ivoirien, vous avez des différends avec l’AIT, quelles sont les raisons de toutes ces discordes ?

Etien Henri Michel : Euuuuh… ! Dans le fond il nya pas de problèmes entre l’AIT et nous. L’AIT est une association comme plusieurs associations ivoiriennes qui sont en Tunisie parce qu’en Côte d’Ivoire la liberté de création d’association existe, donc nous n’avons pas de problèmes particulier dans le fond avec l’AIT. Mais nous avons eu quelque échauffourée dans leur début parce que le nom prêtait à confusion. Nous c’est l’ASSIVAT, et lorsque je dis nous, je ne suis pas le fondateur de l’ASSIVAT, j’ai été candidat parce que je savais que l’ASSIVAT est l’association de la communauté ivoirienne en Tunisie. Et qu’il y avait une seule association de tous les ivoiriens en Tunisie. J’ai été candidat à la présidence de la communauté ivoirienne en Tunisie et après mon élection il y a eu la création de l’AIT. Et sur les réseaux sociaux lorsque les gens voyait AIT, ils se demandaient mais qui est le président de la communauté ivoirienne en Tunisie.

Parce que AIT signifie (Association  des Ivoiriens en Tunisie) donc les gens se posait la question et cela prêtait à la confusion donc nous les avons approché pour qu’il n’ait pas d’amalgame dans le nom. Ils nous ont dit qu’ils avaient entamé certaines choses donc finalement nous avons dit « OK ». L’essentiel n’est pas une question de concurrence mais d’aider la communauté ivoirienne donc je pense que ce problème a été déjà tranché et nous collaborons, nous nous parlons, nous travaillons en symbiose pour tout ce qui concerne la communauté ivoirienne.

AfroPlanete : Avant la mort de feu Falikou, nous avons appris que vous étiez à la base du mandat d’arrêt qui pesait sur Falikou et son secrétaire Herman Nahounou, dites-nous en plus.

Etien Henri Michel : Vous savez, si tu t’es disputé avec une personne ou que vous vous êtes battu un jour quelque part, s’il part et qu’il a un problème demain, on dira que c’est peut être le coup que tu lui as porté qui l’a tué. Si paix à sa âme feu Falikou et son SG avaient des problèmes avec la police, je pense que c’est leur problème personnel. Parce que si moi ou l’ASSIVAT a un problème avec des compatriotes ou une autre association, ce n’est pas à la police de les régler. C’est peut être à nos autorités diplomatiques de trancher, ce n’est pas à nous d’envoyer la police contre d’autres ivoiriens.

Et si la police tunisienne recherchait feu Falikou et son second, je pense qu’ils auraient mis la main sur eux déjà parce que la police tunisienne sait fait son travail, c’est l’une des première police dans le monde entier et surtout en Afrique dans le domaine d’enquête, de renseignements et tout. Si sa n’a pas été le cas, je pense que ce sont des spéculations. Sinon s’ils étaient rechercher par la police, ils auraient mis la main sur eux parce qu’ils n’étaient pas cachés. 

Ce sont des leaders et présidents d’associations donc pour mettre la main sur eux, ce serait très simple et c’est comme « bonjour », donc je pense que ce côté est juste des spéculations. J’avais déjà entendu cela mais j’ai rassuré Falikou et son second parce que s’ils avaient des problèmes, ils peuvent se renseigner avec la police pour savoir quel est le but de leur recherche. Mais l’ASSIVAT n’était ni de loin ni de près mêler  à cette histoire de recherche d’une autre association par la police tunisienne.

AfroPlanete : Qu’avez-vous fait après la mort de feu Falikou ?

Etien Henri Michel: Merci, cette question est bien posée et je pense que cela va éclaircir d’autres personnes pour la question qui a précédé parce que dès que j’ai appris l’agression de Falikou, j’ai tout de suite joint mon premier vice président qui est Ange Seri Soka à l’époque. Et j’ai appelé tous les autres membres du bureau qui étaient concernés. Nous nous sommes rendus  à l’hôpital Monji Slim pour apporter tout d’abord notre présence physique, ensuite la mort de notre frère a été annoncée à notre présence. Et dès lors j’ai pris la décision que cette mort ne devait pas restée impunie. Et j’ai informé son SG que nous devons faire un sit-in. C’est moi le président de l’ASSIVAT qui ai annoncé le sit-in pour le lendemain à 9h devant Monji Slim.

Et quand cela a été fait, nous avons joint les autorités diplomatiques et nous les avons informées. Tout de suite, nos autorités ont pris les dispositions pour que la plainte soit posée par la communauté ivoirienne, ensuite le ministère des affaires étrangères et ainsi de suite. Et nous avons eu gain de cause, nos autorités diplomatiques ont pris en charge le rapatriement du corps de notre frère. Et pour que le corps puisse partir, nous avons fait une demande à ce que sa fiancée avec qui il vivait l’accompagne, elle avait une pénalité et il y avait aussi leur SG François qui avait aussi une pénalité. Nous avons négocié avec l’ambassade pour qu’elle fasse une exonération des pénalités. J’étais à la morgue avec Cissé qui n’est pas là aujourd’hui, c’est nous qui avons mis le corps de Falikou dans le cercueil, j’étais dans le corbiard et c’est nous qui étions au devant des choses . Même pour faire partir sa fiancée, ceux qui avaient promis des billets d’avions et autres n’ont rein fait à la dernière minute. C’est encore avec mon intervention que  l’ambassade de Côte d’Ivoire via l’OIM a envoyé un billet pour que la veuve puisse partir. Comme des personnes avaient promis comme ils savent bien le faire, le SG Kouamé François qui a été exonéré de pénalité qui devait accompagner la veuve n’a pas pu partir à cause des promesses. Mais je ne pouvais pas plaider pour deux cas à la dernière minute, je ne pouvais que plaider pour la veuve qui était très important.

Par la suite nous avons informé notre chargé à la communication qui est Touré Sié Alassane qui était à Abidjan qui a pu informer le directeur des ivoiriens de l’extérieur monsieur Konaté qui lui à son tour a informé le ministre de l’intégration et tout le reste et  le gouvernement a pu apporter son soutien. Le gouvernement de Côte d’Ivoire a donné la somme de 5 millions pour que son enterrement puisse bien se passer. Et notre chargé de communication Touré Sié qui est allé jusqu’à Oumé dans la famille de Falikou pendant ces 3 jours d’obsèques, il a assisté aux obsèques du début jusqu’à la fin.

Et pour clore, lorsque la veuve était partie, il fallait qu’elle revienne. Elle est revenue dans la nuit du 31 décembre au 1er Janvier.  J’ai laissé ma fête, je n’ai pas pu  fêter car nous étions à l’aéroport avec le chargé des affaires culturelles monsieur Tenin parce qu’elle avait des problèmes pour rentrer sur le territoire tunisien. Elle a été bloquée de 4h du matin à 10h, donc  j’étais avec lui au four et moulin pour qu’elle puisse rentrer sur le territoire tunisien.

Et tout cela est l’œuvre de l’ASSIVAT, c’est mon œuvre, c’est l’œuvre des autorités diplomatiques. Nous avons assistons notre frère Falikou depuis l’annonce de sa blessure jusqu’à  son enterrement et au suivi du retour de sa fiancée sur le territoire tunisien.

AfroPlanete : A qui les 5 millions ont été remis ?

Etien Henri Michel : Les 5 millions n’ont pas été remis à Tunis, ils ont été remis à la famille biologique de Falikou à Abidjan car ils devaient servir au transfert du corps d’IVOSEP jusqu’à sa ville natale, pour les obsèques, l’enterrement et tout. Et après toutes les dépenses le reste a été remis à la famille biologique de Falikou.

AfroPlanete : Vous avez aussi dit être l’organisateur du sit-in de monji slim à l’ambassade de Côte d’Ivoire. Nous avons fait un constat, arrivés à l’ambassade, c’était que monsieur Soka qui était à la tête de cette marche, nous n’avons vu aucun responsable de l’ASSIVAT, veuillez nous donner les raisons de cette absence.

Etien Henri Michel : OK. Initialement lorsque j’ai lancé l’appel à la communauté ivoirienne, c’était dans le but de faire un sit-in devant l’hopital Monji Slim, il n’était pas question de marcher sur l’ambassade de Côte d’Ivoire. Parce que ce n’est pas l’ambassade qui a envoyé des gens pour tuer Falikou, l’ambassade est notre maison. Donc ce n’était pas prévu, ce sont des tunisiens qui ont agressé un de nos compatriotes. Pourquoi marcher sur notre ambassade ? Ce n’était pas prévu. Moi j’étais à l’ambassade et le mal était déjà fait, j’y étais pour rapporter les faits parce que l’ambassade n’était pas informée et c’était à la présence du secrétaire à l’information qui est Tanoh François.

>>>Lire aussi : Tunisie – Urgent: des subsahariens poursuivis dans le quartier de Balazreg

J’ai rendu compte à l’ambassade et l’ambassade était en train de joindre le ministère des affaires étrangères et le ministère de l’intérieur pour protester  aussi contre la Tunisie.

Et je vous rappelle que monsieur Ange Seri Soka était le premier vice président de l’ASSIVAT donc c’était un membre du bureau. Il y a eu deux marches : la première était dirigée par Ange Seri Soka et Herman Nahounou accompagné de monsieur Blamassi ainsi que de Jean Bedel Gnably et autres représentants d’autres associations étaient au ministère pour essayer d’évoquer ce problèmes donc cette marche n’a pas été coordonnée d’où il y a eu deux marches parce qu’ils ont rejoint le premier groupe à l’ambassade.

La première marche n’avait pas été coordonnée, au contraire s’ils avaient suivi les consignes, sa allait d’éviter assez de choses. Au contraire c’est ce désordre qui a conduit à l’échauffourée et malheureusement au saccage de notre ambassade.

AfroPlanete : Après cet incident pourquoi monsieur Seri Soka a été seul indexé pour les dégâts causés à l’ambassade ?

Etien Henri Michel : C’est facile de faire de la propagande, de parler sur les réseaux sociaux et autres. Je pense que dans une administration il ya un chef et ensuite il ya les autres. C’est moi en tant que président de l’ASSIVAT et monsieur Soka était mon premier vice-président.

Tout le chapeau a été porté par l’ASSIVAT parce qu’il était membre de l’ASSIVAT . Et qui était le président de l’ASSIVAT ? C’est monsieur Etien Henri Michel.

Il y a eu une délégation qui a été constitué pour aller demander pardon à nos autorités diplomatiques parce que nous avons saccagé notre propre maison.  Donc monsieur seri soka n’a pas porté seul les pots cassés. Et qu’est ce qu’on appelle pot passé ? Payer les pots cassés veut dire que tu as été le seul à porter les conséquences, le seul à avoir les sanctions. Pas du tout. C’est toute l’ASSIVAT qui a porté ce chapeau et tout le bureau est allé présenter des excuses à nos autorités diplomatiques, à notre ambassade. Et ils nous ont reçus, ils nous ont dit qu’ils ont compris et les leçons sont passées. Donc ce n’est pas une seule personne qui a été indexée, c’est toute l’association parce qu’il était mon premier vice-président. De ce fait c’est toute l’association et surtout à la tête le président que je suis.

AfroPlanete : Sur les réseaux sociaux, nous avons assisté à un direct dans lequel monsieur Nahounou vous traitait de mal, de cancer pour la communauté ivoirienne en Tunisie, quelles furent les issues de ces indexations ?

Etien Henri Michel : Quand tu es à la tête, il faut avoir le dos large, il faut accepter d’être lapidé, d’être critiqué, il faut accepter d’être injurié.  Moi je ne réponds pas à tout ce qui se raconte sur les réseaux sociaux. Je pense que cela été un malentendu, on s’est compris, il s’est excusé et s’est déjà passé.

AfroPlanete : Et quelle fût l’origine de ce malentendu ?

Etien Henri Michel : Logiquement sa ne le concernait pas. Il n’était pas concerné ni de près ni de loin. Moi, étant ressortissant de l’est, j’ai mis en place l’association des agnis en Tunisie « Agni : ethnie de l’est de la Côte d’Ivoire », c’est mon ethnie d’origine. Ne voulant pas porter plusieurs casquettes, c’est mon jeune frère qui est Etien Elie Anan qui a été porté à la tête de l’association.

Etant donné que nous ne sommes pas opposés à qui que ce soit, François qui est de l’AIT a rejoint le bureau de l’association des agnis, mais c’est un jeune frère qui avait souvent des comportements un peu déplacés. Donc je lui ai fait une mis en garde sévère, une mise en garde très sévère qu’il a pris sur un autre plan. Donc il a informé son président pour une histoire d’agni qui s’est passé entre nous et son président lui à son tour montre au créneau sans chercher à savoir.

Moi étant son ainé, nous avons des relations cordiales sans même me demander a fait un direct comme tout jeune de maintenant qui n’a que les réseaux sociaux pour régler leur différends avec d’autres personnes. Si j’étais à sa place, étant président d’une association même si je ne l’ai pas agressé physiquement et que j’ai peut être eu des propos déplacés qu’il a vraiment considéré, qu’est ce que tu fais ? Tu rentre en contact avec ton ainé avec qui tu es déjà en contact et que vous n’avez pas de problèmes personnels pour lui demander.

Mais malheureusement il est allé sur les réseaux sociaux pour s’exprimer et je n’ai pas voulu répondre parce que je suis grand dans la tête et je suis plus âgé qu’eux.  En Afrique on dit que si tu est en train de te laver et qu’un jeune ou un fou vient prendre ta serviette ou ta tenue, si tu cours derrière lui, c’est que c’est toi qui est le plus fou. Dons je ne réponds pas à ces genres de choses. Et comme je l’ai dit nous nous sommes compris et c’est déjà du passé et nous avons de bonnes relations comme je vous l’ai dit dans les réponses précédentes. Nous avons de bonnes relations moi et mon jeune frère Herman Nahounou.  

AfroPlanete : Tout à l’heure vous avez dit avoir fait une réprimande sévère à François. Lorsque vous parlez de réprimandes sévères, à quoi faites-vous allusion ? Parce que nous avons appris que vous lui avez donné une paire de gifle.

Etien Henri Michel : Physiquement  je ne l’ai pas touché devant Dieu devant les hommes.

AfroPlanete : Votre passé n’est-il pas en train de vous porter préjudices vu que certains ivoiriens en Tunisie traite votre bureau de personnes malhonnêtes ?

Etien Henri Michel : La question n’est pas spécifique parce que lorsque vous parlez des activités des membres de mon bureau je n’arrive pas à comprendre exactement ce que vous voulez dire.

AfroPlanete : Les membres du votre bureau sont parfois cités dans des actions illégales et il parait qu’ils sont parfois les bourreaux des certaines victimes de traites et  autres maux, que dites-vous face à ces accusations ?

Etien Henri Michel : Moi en tant que président, dans la vie il faut avoir une bonne conduite pour être à la tête d’une communauté. Je pense que si moi-même à la tête j’étais peut être ce que les gens peuvent imaginer, je ne serais pas à la tête de la communauté. Je vous informe que le mandat est de 2 ans et nous sommes pratiquement à l’expiration de mon mandat. Je pense que les problèmes de la communauté n’ont pas commencé aujourd’hui, les ivoiriens ont toujours eu certains problèmes. Parce que moi en tant qu’ancien je sais de quoi il s’agit. Et je penses qu’avant de choisir les membres su bureau comme je l’avais dit, il n’a pas été formé que par les proches de monsieur Etien Henri Michel. Le bureau a été composé par les 3 candidats à savoir moi, Seri Soka et monsieur Seka Lucien.

Donc lorsque vous faites allusion à mes membres de bureau je pense que si ces membres ne sont pas bons c’est que c’est toute la communauté qui n’est pas bonne. Parce que c’est tous les candidats qui ont présenté leurs membres pour former ce bureau. Est-ce seulement les proches d’Etien Henri Michel qui ne sont pas direct ou honnêtes ou est-ce ceux des autres candidats ? Je pense que c’est 3 candidats qui ont formé le bureau et les 3 qui ont eu le courage de battre campagne et qui ont proposé les membres pour le bureau.

AfroPlanete : Nous parlons du bureau type de l’ASSIVAT, nous certains de vos membres sont parfois cités dans des affaires illégales parfois dans le cas de la traite des personnes « contrat », ils se servent de l’ASSIVAT pour commettre des exactions, nous aimerons que vous nous éclaircissez sur ce point.

Etien Henri Michel : Ce que je peux vous dire c’est qu’au niveau de l’ASSIVAT, nous défendons, nous décrions et nous sommes là pour la cause des ivoiriens.  Nous ne pouvons pas cautionner le fait qu’un ivoirien mette un autre ivoirien sous « contrat » pour essayer de bénéficier et s’enrichir sur la tête de ces personnes. On a reçu assez de plaintes, on a réglé assez de problèmes, on a vraiment aidé des  ivoiriens à s’en sortir des griffes. Je pense que pour ceux qui suivent l’ASSIVAT, il ya quelque mois de cela j’ai fait une vidéo où j’ai pris une petite fille de 15 ans qui était arrivée et que des personnes l’avaient abandonné à l’aéroport qui avait été mis sous contrat. Nous l’avons récupérer, nous avons toujours décrié ce phénomène et dans ce sens on a été en rapport avec la maison des migrants, avec notre ambassade, on a toujours dénoncé et décrier ce phénomène parce ce n’est pas vraiment humain. Ce n’est même pas des comportements à suivre et je pense qu’on avait une déontologie.

Si des gens ne sont plus membres du bureau aujourd’hui, c’est à cause de ce genre de comportements. Dès que nous voyons que tu es dans ce genre de pratique, nous te faisons une mise en garde pour que tu arrêtes cette activité. Et si tu ne laisse pas, nous te sortons du bureau parce que c’est notre image.

Et je vous informe que le 4 juillet 2018 lorsque nous présentions le bureau à l’ambassade, l’ambassade a toujours voulu que nous soyons un exemple, que nous soyons la vitrine de la communauté. C’est à travers nous que la communauté doit avoir un chemin, une bonne image donc nous avions un code de déontologie. Donc tout le monde était prévenu et nous avions demandé à tout un chacun d’être vraiment correcte et un exemple pour les jeunes frères et ceux qui ne sont pas de la communauté pour qu’ils voient la communauté d’un bon œil et pour que nous soyons des exemples pour ceux qui arrivent. Et que nous soyons des conseillers pour nos jeunes frères et ceux qui ont de l’estime pour nous et qui nous ont accordé leurs confiances lors des élections.

AfroPlanete : Dans votre réponse vous avez dit que certains membres de votre bureau ont été sanctionné voir chassés du bureau parce qu’ils pratiquaient la traite des humains, nous aimerons que vous nous citez quelque noms.

Etien Henri Michel : Je n’ai pas dit forcement traite des humains, je parle de comportement. Nous avions une déontologie, une ligne droite, des conseils qui nous avaient été prodigué par nos autorités diplomatiques.  C’est comme un gouvernement, ce n’est pas parce que tu sors du gouvernement que tu es forcement incompétent. Il ya des moments où il faut faire des réajustements en fonction de nos besoins. Mais il y a eu des comportements de certains membres du bureau qui n’ont pas été correctes, il y a eu des mises en gardes et par la suite il y a eu des remaniements.

Donc celui qui ne se sentait plus capable de marcher selon nos déontologies, selon le chemin qui nous a été donné par nos autorités diplomatiques à savoir être des exemples, je pense que c’est ceux-là que nous avons écarté du bureau.

>>> Lire aussi : Tunisie – Communauté subsaharienne: Entretien avec Hermann Nahounou président de l’AIT

AfroPlanete : Tout ivoirien a connaissance d’un gang qui sévie dans la communauté ivoirienne notamment « la brigade rouge », nous aimerons que vous nous donnez votre avis sur ce gang.

Etien Henri Michel : Merci, c’est une question qui est bien, mais Je pense que cette question devait être reformulée et avoir deux volets, il fallait tout d’abord poser la question de savoir qu’est ce que la brigade rouge, qui est la brigade rouge ? Je réponds maintenant à la question.

Il nya pas de brigade rouge officiellement, c’est un groupe de jeunes que moi je ne connaissais pas, c’est un groupe de jeunes que le candidats Ange Seri Soka avait fait surveillé les élections parce que je vous dis que je n’étais pas mêlé ni de près ni de loin à cette histoire d’élection voila pourquoi lorsque vous avez posé la question de trucage d’élection je vous ai dit que je n’étais pas au courant parce que je n’étais pas membres de la CEI et je n’organisais rien. C’est ces jeunes gens qui ont surveillé les élections sous forme de sécurité. Et après les élections ils m’ont rencontré et m’ont dit « président, tu es le président élu, nous avons fait la sécurité donnes nous le transport et ainsi de suite…. » . Donc moi dans ce sens automatiquement je dis bien sur, je viens d’être élu et merci d’avoir surveillé et tout a été bien.

Et c’est comme cela des jours après ils sont venus me rencontrer et ils m’ont « président nous sommes un groupe de jeunes, nous avons souvent des sœurs qui sont victimes d’injustices par certains de nos frères et étant donné que nous ne pouvons pas tout le temps aller régler nos différends à la police, donc souvent on nous appelle pour qu’on vienne trancher… .Donc j’ai dit c’est bon, mais en ce moment il n y avait pas de nom brigade rouge, c’était un groupe de jeunes qui marchait déjà ensemble avant les élections que moi je ne connaissais pas, même pas un. Donc après cela, de temps en temps ils partaient intervenir étant donné qu’ils reconnaissaient l’autorité du président, ils me prévenaient et je leur ai dit « si vous partez régler un problème et que vous n’arrivez pas, convoquez moi les deux personnes pour que je puisse essayer de trancher moi et le bureau pour qu’on puise donner des suites à ces problèmes. »

Donc comme sa que j’entends dehors qu’il ya une brigade rouge. Je leur ai demandé : est que ce vous êtes une brigade ? Ils m’ont dit « non, on ne peut pas être une brigade dans le pays d’autrui, c’est souvent notre manière de faire que certaines personnes nous ont appelé ainsi ». Je leur ai dit Ok. C’est ainsi que ces jeunes ont été toujours là et puis après nous avions commencé à avoir des plaintes de certains de nos communautaires pour abus, pour violence sur des personnes.

Automatiquement je les ai interpelé pour leur dire « non, vous n’êtes ni policier, ni juge donc vous ne pouvez pas appliquer de violences sur certains de nos communautaires, dans ce cas ce n’est plus la peine que vous réglez les problèmes et chaque fois qu’il y aura des situations, emmenez nous ces cas pour que nous puissions les trancher au niveau du bureau exécutif de l’ASSIVAT ».

Comme cela que nous les avons connus. Mais chose bizarre, le bureau exécutif, après plusieurs plaintes a fait des communiqués en disant à nos communautaires que s’ils ont des problèmes avec d’autres communautaires, qu’ils viennent vers le bureau de l’assivat, c’est ainsi que plusieurs plaintes ont été porté concernant d’autres ivoiriens mais pas contre cette histoire de brigade rouge.

Nous avons toujours réglé les problèmes à l’amiable. Mais comme le bureau de l’assivat n’est  pas violent, ces même plaignants n’étaient pas satisfaits et ces même personnes dans notre dos appelaient les mêmes personnes de brigades rouge malgré que nous avions fait des communiqués pour interpelés la communauté ivoirienne pour leur dire que si vous avez des problèmes passez par nous. Mais ils préfèrent passé par la brigade rouge pour que leur problème soit vite résolus parce que ces derniers employaient la force et avec la force ils avaient peut être vire gain de cause.

Donc les gens trouvaient que leurs problèmes trainaient avec l’assivat et c’est eux qui les ont appelés. Nous avons informé l’ambassade et l’ambassade a toujours defendu pour que cette histoire s’arrête. L’ambassade a convoqué ces jeunes gens pour leur faire une mise en garde et mettre fin à leur activité. J’étais président et d’autres responsables diplomatiques.

Cette histoire de brigade devait être enterrée définitivement et je pense que cela l’a été parce que depuis un bon moment nous entendons plus d’histoire de brigade.

AfroPlanete : Pouvez-vous nous donner ou citer quelque noms des membres de la brigade rouge ?

Etien Henri Michel : C’est du passé et je pense que c’est un mauvais souvenir donc ce n’est pas important de revenir sur l’identité de ces jeunes gens surtout que c’est du passé et que c’est déjà enterré. Sa n’existe plus, ce n’était même pas quelque chose de bien  donc ce n’est pas la peine de revenir dessus. Ils ont compris qu’ils ont vraiment mal agit, sa été dissout par l’ambassade. On leur a donné des conseils à savoir : « si un ivoirien vous appelle, dites lui que vous n’êtes pas juge, vous n’êtes pas policier et qu’ils peuvent aller à l’ambassade de Côte d’Ivoire ou à la police  pour porter plainte. Je pense que le message est passé et que c’est fini.

AfroPlanete : Tout récemment nous avons eu écho d’une agression où l’ont a cité cette même brigade rouge, pourquoi malgré que vous ayez dit qu’elle a été éradiquée elle continue d’opérer ?

Etien Henri Michel: Comme je vous le disais, s’il y a toujours ces genres d’agissement, c’est que nous l’assivat ne sommes pas au courant. Ce n’est pas les seuls cas d’agressions,  il y a eu des braquages d’ivoiriens à ivoiriens et personne a parlé de brigade. Donc si de manière individuelles des gens arrivent à agresser parce que cela fait partir d’eux, ou ils ont eu des altercations entre eux et qu’ils ce sont tabassés, c’est que ce n’est pas une histoire de brigade. Je pense que c’est de l’exagération que les gens sont en train de faire. Officiellement nous ne sommes pas au courant et la police tunisienne est au courant que s’il ya un problème entre communautaire et que sa ne va pas, soit nous nous rendons à la police soir nous nous rendons à l’ambassade. Donc nous au niveau du bureau de l’ASSIVAT ne sommes pas au courant qu’il existe toujours une brigade rouge dans notre communauté.

AfroPlanete : Vous êtes en étroite collaboration vu fraternité avec le chargé des affaires culturelles de l’ambassade, comment est née cette amitié ?

Etien Henri Michel : Euh… !  Ce n’est pas une amitié en tant que telle. Juste que ce monsieur est arrivé en 2013 pendant que les ivoiriens ne fréquentaient pas beaucoup l’ambassade et il est arrivé en tant que premier secrétaire chargé des affaires consulaires. Et tous les problèmes que nous avons ici sont pratiquement des problèmes consulaires. Donc quand nous sommes allés plusieurs fois à l’ambassade, il a compris le problème de la communauté et que pour mieux comprendre le problème de cette communauté il fallait être dans la communauté.

Donc il s’est imprégné en nous fréquentant, en jouant au ballon avec nous pour mieux connaitre la communauté. Et c’est ainsi que moi en tant qu’ancien je pense qu’il a bénéficié de nos conseils, ce que nous vivons pour pouvoir bien mener son boulot. C’est ainsi qu’il y a eu le rapprochement et cela a été encore plus lorsqu’il y a eu la création des vétérans ivoiriens de Tunisie. Parce que c’est quelqu’un qui voulait se porter bien physiquement, la preuve en est qu’il a emmener encore d’autres diplomates comme le premier conseiller de l’ambassade Côte d’Ivoire en Libye qui était là et tous les autres diplomates qui venaient il les envoyait pour qu’ils viennent jouer et échanger avec la communauté via le sport.

Ce qui a fait que sa nous a maintenu en contact permanent jusqu’aujourd’hui. Voila un peu le début de nos liens avec monsieur le chargé des affaires culturelles.

AfroPlanete : Les ivoiriens sont victimes en Tunisie de la traite des humains, quelle politique mettez-vous en place pour éradiquer ce fléau ?

Etien Henri Michel : Nous avons toujours dénoncé à travers des campagnes de sensibilisations pour pouvoir faire comprendre à nos frères et sœurs d’arrêter ce fléau. Parce que c’est nous qui sommes victimes, c’est la communauté ivoirienne qui est victime. On a des communiqués, on a des vidéos qui prouvent que nous avons toujours défendu ce fléau parce que c’est une gangrène pour notre communauté.

Si nous recevons des plaintes aujourd’hui, il ya 80% qui vient de la traite des personnes donc à travers ces plaintes, nous essayons de sensibiliser et de conduire nos citoyen sur le bon chemin.

AfroPlanete : Quelle politique mettez-vous en place pour éradiquer ce phénomène ?

Etien Henri Michel: Pour ce fléau,  nous avons pris attache avec l’ambassade, Tunisie terre d’asile et la maison des migrants qui nous ont toujours soutenu pour essayer de régler ces problèmes et ensuite mettre à la disposition des victimes des avocats pour qu’il ait le suivi, pour que justice soit faites. Je penses que la loi est là, la justice est là pour tout un chacun, toutes les victimes qui se plaignent et qui viennent à notre niveau sont conduit automatiquement devant les instances compétentes pour pouvoir essayer de trouver des solutions à leurs problèmes.

AfroPlanete : Vous êtes le président de l’ASSIVAT et les représentants du RHDP en Tunisie, selon  les textes de l’ASSIVAT, l’association étant apolitique, le président ne peut représenter aucun parti politique sur le territoire tunisien. Cela est-il normal selon vous de représenter un parti politique étant président ?

Etien Henri Michel : Je veux que vous rectifiez quelque choses : « je ne suis pas le représentant du RHDP en Tunisie ». Nous connaissons très bien les textes de l’ASSIVAT. Je dis bien je ne suis pas le représentant du RDHP en Tunisie.

AfroPlanete : Dans les coulisses le bruit cour que vous êtes le représentant direct du RHDP en Tunisie après que Touré Sié ait quitté la Tunisie.

Etien Henri Michel : Comme je vous l’ai dit tout à l’heure je ne suis pas le représentant du RHDP en tusnie. Je suis le délégué d’un mouvement de soutien d’un parti politique. D’ailleurs ce n’est pas interdit en Tunisie parce que comme vous l’avez dit vous-même, je prends des exemples clairs et nets « le président de l’AIT est membre de l’UNG : Union de Nouvelles Générations de Stéphane Kipré ; il ya tous les autres comme Seri Ange Soka qui est aussi membres du bureau de l’UNG, je ne sais pas quel autre leader qu’on va encore cité». Mais si nous voulons partir sur cette base, c’est qu’il n y aura pas de président que nous connaissons, que nous savons officiellement qu’ils appartiennent à des bureaux. Parce que je vous dis, être membre d’un bureau  de parti politique qui est reconnu par l’Etat de Côte d’Ivoire, c’est que ton nom est dans la direction du parti. Moi au moins c’est un mouvement de soutien  et des mouvements de soutiens il y en a un millier. Pour un seul parti, il y a des centaines voir des milliers de mouvements de soutiens mais tu ne fais pas parti des membres du bureau. Par contre d’autres leaders ici comme je viens de citer sont membres du bureau de la délégation de la Tunisie. Ce qui veut dire qui appartiennent à des partis politique officiels.

Je veux vous dire qu’ici, nous sommes entre nous, nous sommes des ivoiriens et en dehors de notre vie associative, nous avons des penchant auprès des sympathisants des différents partis politiques de notre pays.

>>>Lire aussi : Tunisie – Communauté subsaharienne: Entretien avec Touré Blamassi, fondateur de l’ALDA

AfroPlanete : Quels sont les objectifs de l’ASSIVAT ?

Etien Henri Michel : L’ASSIVAT a toujours eu pour mission depuis sa création d’aider les ivoiriens. Et tout ivoirien par définition est membre de l’ASSIVAT.. Nos misions sont : conseiller, aider, soutenir, promouvoir la bonne image de notre communauté.

AfroPlanete : Quel est le fonctionnement de l’association ?

Etien Henri Michel : Le fonctionnement, comme toutes associations  est tout d’abord apolitique .Nous sommes toujours au service de notre communauté. Nous n’avons pas de principe pour aider un ressortissant ivoirien, la preuve en est que la plupart n’ont pas adhéré mais nous continuons d’aidon.

AfroPlanete : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Etien Henri Michel : La première difficulté est que nous sommes vraiment nombreux et nous n’avons pas de moyens. Ce qui fait que l’implantation des différentes sections pose problème. Et aujourd’hui par manque de moyens nous n’arrivons pas à régler des problèmes de certains ivoiriens parce que parfois cela nous dépasse, et tout ceci par fautes de moyen. Et aussi par le fait que la communauté est tellement nombreuse qu’il ya un manque d’informations.

Donc ce qui fait que même pour que nos communautaires adhèrent à l’association c’est tout un problème. Hors une association  vit de cotisations des adhérant. Et si vous n’avez pas assez d’adhérant, vous ne pouvez pas fonctionner comme vous le désirez et vous ne pouvez pas respecter le programme que avez promis lors des élections.

Mais malgré qu’ils ne sont pas adhérant, c’est encore ces même personnes qui t’appellent lorsqu’il ya un problème. Et tu ne peux pas dire que tu ne vas pas lorsqu’on t’appelle président à 1h du matin. Si on voulait trier et respecter notre chartre et mission qu’on a signé c’est que nous n’allions pas pouvoir aider nos frères. Parce que la majorité n’a pas adhéré.

Mais la majorité nous demande de l’aide et nous l’avons toujours fait de fond propre. Nous n’avons pas de budget, l’Etat de Côte d’Ivoire ni l’ambassade de Côte d’Ivoire ne nous donne pas de budget de fonctionnement, on n’a pas de salaire, c’est rien que du bénévolat.

On a envie, c’est la volonté de pouvoir aider nos compatriotes qui nous a emmenés à être à la tête de la communauté et c’est là notre problème. Toute association ou gouvernement qui n’a pas de moyens ne peut pas fonctionner.

AfroPlanete : Quels sont les problèmes qui minent votre communauté ?

Etien Henri Michel : Nous avons des problèmes de papiers, de régularisation, de dépassement de séjour. La majorité de nos concitoyens ont ce problème. Nous avons aussi des problèmes avec les différents bailleurs et aussi de salaires impayés pour ceux qui travaillent chez les tunisiens et entreprises tunisiennes. Sachant que nos compatriotes ne sont pas à jour, pour qu’ils reçoivent leur salaire c’est tout un problème.

AfroPlanete : Quelle est votre relation avec l’ambassade. 

Etien Henri Michel : Nous avons de très bonnes relations avec notre ambassade et d’ailleurs il le faut.

AfroPlanete : Pourquoi ne pas créer une coalition de toutes ces associations ivoirienne sne Tunisie ?

Etien Henri Michel : C’est quelque chose qui est en cours. Lorsque nous venions à l’ASSIVAT, il y avait déjà des associations communautaires. Je pense que c’est un travail de longue haleine, ce n’est pas du jour au lendemain que cela va se passer parce qu’il faut pourvoir fédérer toutes ces associations pour leurs faire comprendre que pour une seule association nous serions plus efficace. Je pense que c’est un travail qui est en cours, les pourparlers sont en cours pour que nous puisons ensemble former une seule et unique association des ivoiriens en Tunisie. En un mot, avoir une fédération de toutes ces associations pour en faire une.

AfroPlanete : Comment on peut imaginer monsieur Etien Henri Michel dans 10 ans ?

Etien Henri Michel : Monsieur Etien Henri Michel dans 10 ans sera un chef d’entreprise, qui sera en famille, qui va suivre son entreprise et ses sociétés. Aussi, étant donné que j’ai gérer une communauté de plus de 6000 personnes, je pense que sa pourra m’aider dans mon entreprise et dans ma famille. Donc dans 10 ans je vous donne rendez-vous dans mes bureaux où je vais vous recevoir encore. Et j’espère que vous aussi, en ce moment vous serez un grand monsieur avec peut être une grande boite de communication…

AfroPlanete : Vous avez un appel à lancer ?

Etien Henri Michel : Je profite de cette occasion pour lancer un appel à toute la communauté ivoirienne en Tunisie de savoir que nous sommes qu’ivoirien ici et que c’est la Côte d’Ivoire qui nous unit. Qu’on sache se mettre loin des politiques, loin des guéguerres, de tout ce qui pourrait nous diviser.

Comme vous l’avez dit, il ya beaucoup d’association et je pense que c’est une chance pour cotre communauté parce qu’en Côte d’Ivoire, nous avons toujours cultivé le multipartisme et tout ce qui est pluraliste donc nous avons la liberté de création d’associations. Je pense que c’est un point fort pour nous. J’aimerais dire aux ivoiriens d’être calme et de savoir que nous ne sommes pas chez nous en se comportant, de savoir que nous sommes à l’étranger. Tant que nous comprendrons que nous ne somme spas chez nous je crois qu’on saura se comporter. Souvent ce n’est pas à toutes les provocations qu’on répond. Cela doit faire parti de notre crédo, il faut qu’on ait ce esprit de tolérance, cet esprit de pardon. Il faut qu’on soir solidaire et de toujours marcher main dans la main, de savoir que nous sommes une seule et même communauté. Il faut que nous nous mettions au travail afin que chacun puisse vraiment s’en sortir pour être à l’abri du besoin, pour être à l’abri de certains fléaux et les éradiquer. Parce que si tu as les moyens, je pense que tu ne vas pas chercher à traiter ton frère pour pouvoir encore avoir de l’argent.

Sur ce j’aimerais vraiment dit merci à ma communauté parce que mine de rien quelque soit le problème lorsqu’il ya une situation, on a été toujours ensemble pour pouvoir trouver des solutions.

Avec les différentes associations communautaires, nous avons toujours marché main dans la main pour pouvoir trouver la solution à nos problèmes.

Je voulais dis merci à nos autorités diplomatiques pour tout ce qu’ils font parce que ce n’est pas facile de gérer une communauté aussi nombreuse que la communauté ivoirienne, ils ont été toujours là quand nous avions besoin d’eux, ils nous ont toujours soutenu, ils nous ont toujours donné des conseils afin que notre communauté se porte bien.

J’aimerais encore  lancer un appel à toutes les associations communautaires des ivoiriens vivants sur le sol tunisien.  Comme je l’ai dit dans mon message de nouvel an à toute la communauté, je tends la main à tout le monde, c’est ensemble que nous pouvons être fort.

>>> Lire aussi : Tunisie – Balazreg: Un mort après une bagarre entre deux subsahariens

Ce qui nous uni est plus fort que ce qui peut nous diviser. Donc j’aimerais dire à tous nos communautaires que si nous nous mettons ensemble, nous y parviendrons. Mais si nous continuons dans cet atmosphère, je pense que l’union sera vraiment difficile et c’est encore la communauté ivoirienne ne Tunisie qui va toujours souffrir.

J’aimerais dire aux ivoiriens et ivoiriennes de venir s’adhérer à leur association. L’ASSIVAT est pour tout le monde, je ne suis pas le fondateur de l’ASSIVAT, j’ai été juste un président pour un mandat de 2 ans. Celui qui se sentira capable de diriger la communauté, je pense que quand mon mandat finira, il se candidat. L’ASSIVAT n’appartient pas à ma personne ni à mon bureau exécutif.  L’assivat appartient à toute la communauté, à tous les ivoiriens vivants en Tunisie.

Et c’est avec les moyens, vos adhésions, vos cotisations que nous parviendrons à régler le problème de la communauté. Main dans la main, je penses que ce message doit être pris au sérieux pour que nous atteignons nos objectifs qui est à savoir aider la communauté, être plus proche , être les premiers à être sur le terrain pour pouvoir régler les problèmes de notre communauté.

Je vous remercie.

ARTICLES connexes

Chargement....
AfroPlanete | La vitrine de l'Afrique
AfroPlanete site d'informations, d'actualités et tous évènements en Afrique et ailleurs dans le monde

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus

Politique de confidentialité et cookies