Une journée dans la peau d’un immigrant subsaharien. “Nassim Bouabbas”

IMMIGRATION SUBSAHARIEN

Dans un récit peu commun, Nassim Bouabbas nous relate l”expérience vecu par Hocine Houame Originaire d’Alger en passant une journée avec des migrants.

Hocine Houame Originaire d’Alger la blanche (Algérie), un pied dans le nord et l’autre dans le grand sud Algérien, son cœur bat toujours pour les démunis, ceux qui sont dans le besoin, régulièrement ses interventions figurent dans la liste des actions humanitaires, souvent classées risqués et dangereuses ,renvoyées vers des endroits les plus reculés du pays, là où la folie peut frapper à cause de la solitude, en général peu de gens peuvent s’y aventurer.

Mais cette fois- ci, Hocine Houame nous livre un récit un peu particulier sur les immigrants qui arrivent de partout d’une Afrique profonde d’où une origine appelée “subsaharienne”.
Issu d’une grande ville et comme tout citadin au quotidien je croise des immigrants dans les rues d’Alger mais je n’y accordais pas beaucoup d’importance. Parler d’immigration revient à mentionner d’une part les pays qui sont les destinations finales des immigrants : l’Europe et l’Amérique du nord.

Le récit de Hocine Houame

Mes trajets vers le sud sont souvent réalisés avec mon véhicule personnel. Lors de ces trajets, parcours la plus part du temps 2500KM( Nord -Sud) en traversant le pays entre en 02 et 03 jours de route. Seulement un autre décor est venu se rajouter à celui que l’on connaissait jusque-là : c’est celui de la grande traversée des immigrants. D’ailleurs, les choses qui m’ont interpelées sont : le manque de logistique et le fait que leur traversée se fait à pieds sous une chaleur accablante dans un décors aride .

Sur mon trajet vers le sud j’ai décidé de m’arrêter afin de préparer ma petite marmite mais au moment où j’ai levé la tête à l’horizon j’ai vu sept 07 immigrants (Hommes) dans un état de fatigue significatif, poussiéreux, ils avaient ils n’avaient presque plus rien sur eux. A vrai dire j’étais un peu surpris par leur état, leur première réaction était de me saluer de loin et au premier abord, ils avaient peur de moi. Cependant d’un simple geste je les aient tous invités à venir partager mon repas, ils ont refusé d’abord puis honorer mon invitation.

Par ailleurs, je leur ai demandé depuis combien de temps leur marche avait-t-elle, ils m’avaient répondu qu’ils étaient venus de Tamanrasset, c’est à dire à 900 km de notre point de rencontre, ce qui signifiait tout simplement une année de marche! ils parlaient tous Français mais de nationalités différentes: Guinéennes et centre Africaine ; ils me disait que leur ultime destination étaient l’Europe ,c’était un groupe de jeunes d’entre 20 ans et 30 ans .
J’avais moult questions qui ma taraudaient à l’esprit et parmi elles :

-Comment peut-on voyager sans aucun sou ?
-Comment font-ils pour voyager aussi longtemps : sans fatigue, sans tomber malade ?
-Quelles étaient leurs volontés et motivations ?

Chacun d’eux a commencé à me raconter leurs périples et leurs traversées dans un monde hostile où chacun se distingue par sa propre histoire : Fuite de la guerre, fuite de la pauvreté extrême Mais leur point commun était d’aller vivre en Europe. A noter aussi, sur les sept (7) personnes, il y avait quatre (4) universitaires et généralement ils étaient instruits et conscients de ce qu’ils faisaient.

J’étais resté 3 heures de temps avec eux et à ce moment-là j’ai eu un déclic : c’est à ce moment-là que j’ai humanisé ces immigrants, j’ai voulu les connaitre. Ensuite j’ai continué mon chemin de mon côté et eux le leur.

A mon arrivée à Tamanrasset j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup d’immigrants (Alors qu’avant je ne faisais pas attention à eux) c’est à partir de cet instant-là, je me suis davantage intéressé à leur situation en partageant leur quotidien, partant, j’ai construit des amitiés avec des personnes originaires des pays voisins : des subsahariens. Une démarche qui a facilitée un peu mon intégration dans ces groupes de minorités immigrantes. En effet, j’ai entendu leur misère quotidienne issue d’un périple et d’un long voyage.

Un long voyage à pieds vers l’infini,

Par habitude, ils s’arrêtent dans des grandes villes et y travaillent là où tout le monde refuse (Travaux dures) tels que les chantiers ou manutentionnaires, avec l’objectif de mettre un peu d’argent de côté pour avancer dans le voyage. J’ai vécu une expérience particulière en partageant leur quotidien pendant 20 jours mais au bout de ces séjours j’ai perdu mes capacités mentales et physiques à ce moment-là j’ai compris que ces immigrants ils se déshumanise complètement à cause de la souffrance, la misère, les maladies…etc., durant leur voyage.

Ils avaient besoin d’aides alimentaires régulièrement : vêtements pour femmes et enfants.
Etablir une certaine amitié avec eux était quelque chose d’énorme et malgré tout, à un moment de la soirée ils étaient joyeux et se partageaient des repas entre eux et ravivaient la joie de vivre avec de la musique. Je crois que les instants passés en soirée leurs donnent de l’énergie pour supporter et affronter le lendemain

Quelques remarques,

J’ai relevé d’après leurs récits qu’il n’y avait pas d’ONG, ni d’associations légales qui s’occupent et aident ce genre d’immigrants dans le monde. Médecins sans frontières, ne peut pas prendre correctement en charge le flux d’immigrants (nombre limité de médecins sur le terrain). Peut-on imaginer un autre rôle et une autre approche vis-à-vis de l’immigration ?

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