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Elections au Burkina Faso : en « zone rouge », une campagne sous le signe de la menace terroriste

A l’approche des scrutins présidentiel et législatif du 22 novembre 2020 , les autorités ont renforcé leur dispositif sécuritaire, tandis que certains partis font appel à des milices.

Malgré la menace terroriste et la peur, Aboubacar Dicko, étudiant de 24 ans et candidat indépendant aux législatives du dimanche 22 novembre, a décidé de battre campagne sur le terrain. Pour « continuer le combat » de son oncle, souffle-t-il : « Il était l’un des derniers élus locaux à être restés à Djibo, je ne peux pas abandonner. Si tout le monde fuit, autant rayer la province du Soum de la carte…

A quelques jours des élections, les candidats multiplient les meetings à travers le pays, dont un tiers du territoire se trouve en état d’urgence. Voies minées, risque d’enlèvement ou d’attaque ciblée… Certains secteurs restent inaccessibles aux autorités. Le 8 novembre, le chauffeur d’un candidat aux législatives a été tué sur la route de Gorom-Gorom (nord). « Quand vous vous déplacez d’une zone à une autre, vous vous retrouvez dans un no man’s land et si vous ne prévenez pas à l’avance les autorités, ce qui s’est passé pourrait se reproduire », a prévenu Ahmed Newton Barry, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), après l’attaque.

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Dans la région administrative du Sahel, classée « zone rouge », les déplacements sur le terrain se sont réduits à peau de chagrin. Sur une carte, Aboubacar Dicko montre du doigt la « limite » à ne pas franchir dans sa circonscriptionNe subsiste qu’un petit rayon de quelques kilomètres représentant la commune de Djibo. « Impossible d’en sortir, regrette-t-il. On ne peut pas aller dans les villages, c’est trop dangereux. » Dans le Soum (une des quatre provinces du Sahel), les opérateurs de la CENI n’ont pu se rendre que dans trois des neuf communes pour enrôler les nouveaux électeurs. A l’échelle nationale, sur les 860 villages où les élections n’auront pas lieu, 55 % se trouvent dans la région du Sahel, d’après la CENI.

La CENI, en tandem avec le ministère de la défense nationale et de la sécurité, a mis au point un « plan de sécurisation exceptionnel ». Environ 50 000 membres des forces de sécurité doivent être mobilisés le jour du scrutin, selon ses chiffres. En plus de la garde rapprochée allouée à chacun des treize candidats à la présidentielle, des « bulles sécuritaires »ont été définies dans les provinces. Mais avec plus de 11 000 candidats en compétition aux législatives, difficile d’assurer la sécurité de tous. Le dispositif doit permettre de « battre campagne sans trop craindre », explique Ahmed Newton Barry : « Localement, ce sont les premiers responsables de la sécurité qui déterminent cet espace. » Renseignement, éclaireurs, patrouilles, quadrillage de la zone, convois… Les partis ont l’obligation de faire part à l’avance de tous leurs déplacements.

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Certains préfèrent tout de même solliciter des moyens de sécurité supplémentaires, privés. Le coût exact de ces prestations, vraisemblablement élevé, n’est pas public. Et elles demeurent hors de portée des petits candidats. « On s’en remet au dispositif des autorités, sauf qu’il se limite aux chefs-lieux, et de nombreux villages restent inaccessibles », regrette Amadou Diemdioda Dicko, tête de liste de l’UPC dans la province de l’Oudalan (nord).

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