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Tunisie – Manifestation des étudiants subsahariens: Le bilan de la rencontre entre l’AESAT et la direction de la police d’immigration

Tunisie - Bilan de la rencontre entre l'AESAT et la direction de la police d'immigration

Dans un communiqué transmis à l’équipe d’AfroPlanete, l’AESAT (Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie) fait le bilan de sa rencontre avec la direction de la police d’immigration qui s’est tenue ce jeudi 7 janvier 2020 au sein des locaux de la police d’immigration.

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Accompagné des présidents des différentes communautés, le président de l’AESAT Monsieur Jean Ferdinand Mohenou et quelques membres de son bureau ce sont entretenus avec M. Lotfi Sghaïer, directeur général intérimaire de la police des postes frontières, Kamel Jeridi.

Cet entretien a absorbé la durée qu’il fallait pour aboutir à un résultat un temps soit peu satisfaisant. Une rencontre d’où l’AESAT est sortie gagnante en faveur des étudiants étrangers surtout subsahariens en Tunisie.

Ci-dessous sont mentionnées les différentes propositions faites par l’association qui ont été accordées par la dite administration:

1- Liste unique de documents à fournir

Chaque poste de police nous propose une liste avec des éléments parfois nouveaux. Nous voulons une liste officielle du ministère de l’intérieur avec des documents que nous pouvons obtenir dans les délais fixés pour le dépôt de la carte de séjour.

2 – Suppression des pénalités de 300 Dt

Nous ne comprenons pas pourquoi on nous fait payer une pénalité de retard en termes de quittance alors que les pénalités de séjour irrégulier existent déjà. Pour nous c’est de la pure injustice.

>>> Lire aussi : Tunisie – Deuxième jour de protestation pour les droits des étudiants subsahariens en Tunisie (vidéos)

3 – Délai de traitement plus court (30 jours maximum)

Les cartes de séjour doivent être traitées beaucoup plus vite. Trois mois c’est trop en tenant compte du fait que la carte provisoire ne nous permet de réaliser aucune action étant donné qu’elle n’a pas de valeur juridique.

4 – Mettre en place un canal de communication pour connaître l’évolution du statut de sa demande.

Soient les postes de police nous appelle pour nous renseigner sur l’évolution du statut, soit on créer une plateforme, une application hébergée qui peut nous aider à suivre l’évolution de notre demande. Nous sommes prêts à mettre des ressources humaines à disposition de l’état tunisien pour la mise en place de cette plateforme. Nous avons des étudiants en informatique assez qualifiés pour travailler sur un tel projet.

5 – Annulation pure et simple des pénalités en cas de dépôt

Nous voulons que le dépôt de la carte de séjour marque un arrêt des pénalités. Parce que nous ne sommes pas responsables du traitement des dossiers. Notre rôle est de faire une demande et une fois qu’elle a été acceptée par la police, on ne doit pas nous demander de payer des pénalités en cas de non disponibilité de la carte définitive.

6 – La période de dépôt doit aller du 1er octobre au 31 décembre

La période actuelle est juste de 1 mois, c’est-à-dire le mois d’octobre pour ne pas entrer en pénalités, nous aimerions que ce délai soit prolongé jusqu’au 31 décembre.

7 – Tant que la définitive n’est pas disponible, la provisoire permet des entrées et des sorties du territoire

Si la carte de séjour définitive n’est pas disponible, la carte provisoire doit permettre aux étudiants de faire des allées et retours en Tunisie sans contrainte.

8 – Délai pour délivrer la carte provisoire (48H maximum)

Nous voulons que les cartes de séjours provisoires soient disponibles en maximum 48H. Certains postes de police acceptent des dossiers et mettent 1 ou 2 mois à délivrer une carte de séjour provisoire.

9 – Reconnaissance de l’exonération dans tous les postes de police et les aéroports

>>> Lire aussi : Tunisie – Les étudiants subsahariens Manifestent pour le retour de l’étudiant ivoirien rapatrié (photos + vidéos)

L’exonération ne doit pas être un sujet de dé »bat dans les polices et dans les aéroports. Certains de nos étudiants n’arrivent pas à faire de dépôt ou à voyager avec l’exonération qui est pourtant un document officiel de l’autorité tunisienne mais qui n’est pas reconnu par certains agents dépositaires du respect de la loi et de l’ordre.

10 – L’exonération en français

Nous voulons être capables de lire et de comprendre ce qui est inscrits sur nos exonérations pour ne pas être surpris.

11 – Limite d’âge pour être étudiant en Tunisie

Il y a-t-il une limite d’âge pour être étudiant en Tunisie ? Si oui qu’on nous dise car certains agents font preuve d’excès de zèle sur ce sujet.

12 – Permettre le dépôt d’une nouvelle carte de séjour si la définitive n’est pas disponible

Si la carte de séjour définitive d’une année n’est pas disponible, les postes de police doivent acceptées un dépôt avec la carte provisoire de l’année en question.

13 – Limiter la durée d’attente à l’aéroport pour le visa

Certains de nos étudiants viennent en Tunisie avec des attestations d’inscription et de paiement pour obtenir un visa d’entrée de 7 jours à l’aéroport. L’exemple du Tchad, du Togo et de la Centrafrique, mais nous remarquons un délai d’attente excessivement long pour ces visas à l’aéroport ou carrément parfois un refoulement sans motif malgré souvent les interventions des écoles et universités de ces étudiants.

14 – Permettre à l’AESAT d’intervenir pour faciliter le règlement des problèmes des étudiants (appeler les écoles etc.)

L’AESAT est une association de droit tunisien, il doit être permis à l’AESAT d’exercer son rôle de défense des droits de ses communautaires en cas de problèmes.


Dans un direct Facebook, la chargé à la communication de l’AESAT Mme Linelle Loukaga fait état de la mise en place d’une permanence dans les locaux de l’association afin de recevoir tous les étudiants et stagiaires encore en attente de recevoir leurs cartes de séjour définitives pour les enregistrer.

>>> Lire aussi : Tunisie – Affaire rapatriement de l’étudiant ivoirien: le DGA de son université demande des explications à la direction des frontières

Selon la dite association, à la sortie de cette rencontre, l’étudiant ivoirien M. Armand Konaté rapatrié a eu l’autorisation de revenir sur le territoire tunisien.
AESAT

Les points cités ci-dessus ne furent pas les seuls préoccupation de l’association.

Selon Mme Linelle Loukaga, l’AESAT compte rédiger des plaidoyers aux autres ministères de tutelles dans l’optique de permettre à l’étudiant étranger sinon subsaharien d’être en sécurité et vivre à l’aise sur le territoire tunisien.
Linelle Loukaga

Rappelons que que cette rencontre a été organisé après quelques jours de manifestations en face de la direction de la police de frontière après une tentative et un rapatriement effectif de deux étudiants.

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