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FAITS DIVERS

« Je gérais un groupe de plan “Bizzy” sur Facebook où les gens venaient s’inscrire pour que je les mette en contact avec des filles », lâche le prévenu devant le Tribunal

Ils étaient six à comparaître devant le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou le 31 août 2021, pour répondre de plusieurs chefs d’accusation dirigés contre eux. B.S, 23 ans, étudiant en médecine et O.A 25 ans, employé de commerce, principaux mis en cause dans cette affaire, sont accusés de proxénétisme, de consommation de stupéfiants, de complicité d’avortement, de détournement de mineur et d’attentat à la pudeur. Ils sont accompagnés de N.F, 19 ans, élève; W.M, 20 ans également élève; R.R, 23 ans étudiant et S.R, 25 ans transitaire poursuivis quant à eux, pour complicité d’avortement. La victime dans cette affaire est F.O, élève de 16 ans.

Les faits remontent à Mai 2021 avec à l’origine, une grossesse. Il ressort en effet que la victime F.O (16 ans ) est la petite amie du prévenu O.A. Ayant contracté courant mai 2021, une grossesse de ce dernier , elle a fuit de la maison familiale pour se retrouver chez son petit ami O.A. Ce dernier, vivant également en famille et incapable d’assumer la grossesse lui propose de s’en débarrasser. Elle accepte et il prend sur lui de trouver le moyen adéquat. C’est dans ses recherche que son ami B.S, étudiant en médecine se propose de l’aider: il disposerait d’un produit très efficace pour évacuer le fœtus et le lui recommande. Il se propose également d’héberger F.O le temps que prendra le traitement. Une offre que O.A ne peut se donner le luxe de refuser.

Il accepte et conduit F.O chez B.S. Seulement, ce dernier avait d’autres idées en tête. Il profite du séjour de F.O chez lui pour la convaincre et parvient à entretenir des relations sexuelles avec elle. Il avouera tout cela au commissariat lorsqu’ils seront tous arrêté par la Police après une plainte déposée par le paternel de F.O à la suite de la disparition de cette dernière de la cour familiale. Cette interpellation permettra également d’arrêter S.R, R.R, N.F et W.M pour complicité d’avortement.

A la barre, à l’exception des faits de consommation de stupéfiants que B.S dit ne pas reconnaître, il reconnaît l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Et concernant les faits de proxénétisme, il explique avoir créé une page Facebook où il organisait des rencontres entre des filles et des garçons pour des relations. Ainsi après chaque mise en relation, il percevait un pourcentage sur ce que rapportait la fille. « Je gérais un groupe de plan “Bizzy” sur Facebook et les gens venaient s’inscrire pour que je les mette en contact avec des filles» indique t’il. C’est au cours d’une de ces mise en relation confie t’il, que l’une de ses « clientes» a contracté une grossesse indésirable. Il a donc entrepris de l’aider à trouver un produit à même de la faire avorter. B.S déclare qu’il s’est alors confié à son ami S.R qui lui aurait fournit un produit qui serait très efficace selon ses dires . Et c’est ce même produit souligne t’il, qu’il a donné à W.M et N.F qui elles également se sont présentées à lui souhaitant avorter.« C’est elle même qui m’a dit qu’elle avait 19 ans » souligne B.S« Donc toi durant tes études en médecine, tout ce que tu as appris c’est comment faire avorter une fille ? Tu ne mérites pas de devenir médecin toi! Tu seras un grand danger pour la société si jamais tu réussis à devenir médecin et si moi je savais comment te bloquer, je n’hésiterais pas» lui lance la procureure.

Quant au fait d’attentat à la pudeur et de détournement de mineur, il reconnaît avoir eu des rapports intimes avec la victime F.O, lorsque son ami lui a confié sa garde, mais dit n’avoir pas su qu’elle n’avait pas atteint la majorité. « C’est elle même qui m’a dit qu’elle avait 19 ans » confie t’il. Il maintient toutefois sa position quant aux faits de consommation de stupéfiants : Il n’a jamais touché à la drogue.

À sa suite, ce fut au tour de O.A de s’expliquer devant le Tribunal. Il est quant à lui, poursuivi pour avoir fait découcher illégalement une mineure ( la victime) sans le consentement de ses parents; avoir entretenu des rapport intimes avec elle et également pour l’avoir mise en contact avec des hommes pour de l’argent. Il lui est aussi reproché d’avoir tenté de faire avorter la victime. O.A reconnaît entièrement les faits qui lui sont reprochés à l’exception de ceux de détournement de mineur et de proxénétisme. Sur ces derniers, il déclare n’avoir aucunement su dès le départ de sa relation avec la victime F.O, qu’elle était mineure. Elle lui aurait fait croire qu’elle avait 23 ans.

Aussi, il affirme ne l’avoir jamais mise en contact avec des hommes. « Elle utilisait mon numéro pour passer ses appels, peut-être c’est sûrement par ça qu’elle est entrée en contact avec des hommes sans que je ne le sache» soutient-il. Quant au fait de savoir s’il était informé que son ami entretenait également des rapports avec la victime, il se dit non informé.

Il est remplacé à la barre par S.R, principal fournisseur du produit à B.S. Il répond en ce qui lui concerne, de complicité d’avortement. Fait d’ailleurs, qu’il ne nie pas. Quant à l’origine des produits, il soutient se l’être procuré par le biais d’un de ses amis dont le père travaille dans un cabinet de soins. Il confie cependant ne l’avoir jamais utilisé pour quoi que ce soit.

Par contre, ce n’est pas le cas des demoiselles N.F et W.M qui elles, ont bien utilisé le produit après l’avoir pris chez B.S. N.F elle, dit l’avoir utilisé pour enlever une grossesse indésirable qu’elle avait contracté en 2020. Quant à W.M, elle déclare avoir pris le produit pour aider l’une de ses tantes à avorter.

Elles sont suivies dans leurs déclarations par R.R. Etudiant au Maroc, il affirme s’être lui aussi procuré le produit chez B.S pour faire avorter sa petite amie durant les vacances de 2020 passé lorsque celle ci avait présenté des signes de grossesse.« Écoutez, vous là! Vous avez une fois entendu parler des préservatifs au moins?» leur interroge le juge. Tous répondent par l’affirmative. « Alors pourquoi ne pas les utiliser dans vos bêtises ? Ou bien vous pensez que les préservatifs, c’est fait pour être porter aux pieds!» s’exclame le juge dépassé que de si jeunes gens se permettent de telles pratiques.

Pour la procureure dans son réquisitoire, s’il y a bien dans cette affaire des personnes qui méritent d’être «sévèrement» punis pour leurs actes, c’est bien B.S et O.A, principaux chef de file de la bande. Elle a donc requis contre B.S une peine d’emprisonnement de 48 mois dont 12 fermes plus une amende de 500 000F ferme et contre O.A une peine d’emprisonnement de 24 mois dont 06 fermes plus une amende de 250 000 F ferme. Vu ce à quoi ils s’adonnent malgré leur jeune âge, cette peine devrait leur permettre de «goûter à l’éducation de la prison» martèle la procureure. Contre S.R, elle a requis une peine d’emprisonnement de 04 mois plus 500 000 F le tout assorti de sursis.

Pour les autres (R.R, W.M et N.F) elle a requis qu’il soient également maintenus dans les liens de la prévention et condamnés chacun, à 02 mois d’emprisonnement plus une somme de 500 000 le tout assorti de sursis.

Les conseils des prévenus ont quant à eux, plaidé pour la clémence du Tribunal envers des jeunes en construction qui se sont fourvoyés en chemin. Ils ont invité le juge à «porter sa casquette d’éducateur en accordant une seconde chance à ces enfants qui ont emprunté le mauvais chemin».

À l’issue des délibérations, le Tribunal n’a pas effectivement dérogé à son rôle d’éducateur. Il a reconnu l’ensemble des prévenus coupables des faits qui leur sont reprochés et les a condamné chacun, à 06 mois de prison plus une amende de 500 000F le tout assorti de sursis.

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