Malgré son immense richesse minérale, l’Afrique demeure largement absente du haut du classement mondial des réserves d’or officielles détenues par les banques centrales. Les données les plus récentes publiées par le World Gold Council et le Fonds monétaire international (FMI), arrêtées au troisième trimestre 2025 et mises à jour en janvier 2026, montrent que les premières places sont occupées quasi exclusivement par des pays occidentaux et asiatiques.
Les États-Unis dominent largement ce classement avec plus de 8 100 tonnes d’or, très loin devant leurs poursuivants européens. À l’inverse, aucun pays africain ne figure parmi les vingt premières nations mondiales, alors même que le continent compte plusieurs des plus grands producteurs d’or au monde.
Une distinction clé : production d’or vs réserves officielles
Cette situation s’explique par une différence fondamentale entre production aurifère et réserves officielles.
Les réserves d’or prises en compte dans ce classement correspondent uniquement à l’or détenu par les banques centrales comme actif stratégique, et non à l’or extrait du sol.
En Afrique, une part importante de l’or produit est :
- exportée pour générer des devises,
- utilisée pour financer les budgets nationaux,
- ou intégrée aux circuits commerciaux internationaux,
- sans être conservée dans les coffres des banques centrales.
À l’inverse, les grandes puissances économiques utilisent l’or comme un outil de souveraineté monétaire, de crédibilité financière et de diversification des réserves face aux monnaies fiduciaires.
Les pays africains encore loin derrière
À l’échelle africaine, seuls quelques pays apparaissent dans la seconde moitié du classement mondial, notamment l’Afrique du Sud et l’Égypte, avec des réserves avoisinant les 125 à 129 tonnes, des volumes très éloignés des standards des grandes puissances.
Cette faiblesse relative s’explique aussi par :
- des choix historiques privilégiant les devises étrangères,
- des contraintes budgétaires fortes,
- un manque d’infrastructures de raffinage et de stockage,
- et, dans certains cas, la contrebande ou la faible traçabilité de l’or.
Classement mondial des pays par réserves d’or officielles
(Banques centrales – en tonnes)
- États-Unis — 8 133
- Allemagne — 3 350
- Italie — 2 452
- France — 2 437
- Russie — 2 330
- Chine — 2 304
- Suisse — 1 040
- Inde — 880
- Japon — 846
- Pays-Bas — 612
- Turquie — ~595–641
- Pologne — ~448–515
- Portugal — 383
- Ouzbékistan — ~361–362
- Kazakhstan — ~324
- Arabie saoudite — 323
- Royaume-Uni — 310
- Liban — 287
- Espagne — 282
- Autriche — 280
- Belgique — ~227
- Venezuela — ~161
- Philippines — ~158–200
- Singapour — ~154–205
- Brésil — ~145–172
- Suède — ~126
- Afrique du Sud — 125
- Égypte — ~126–129
- Mexique — ~120
Source : World Gold Council / FMI (IFS), T3 2025 – mise à jour janvier 2026
Un enjeu stratégique pour l’avenir
Dans un contexte mondial marqué par la dédollarisation progressive, les tensions géopolitiques et la recherche d’actifs refuges, l’or retrouve une place centrale dans les stratégies des banques centrales. Pour de nombreux analystes, l’enjeu pour les pays africains ne réside pas uniquement dans l’extraction, mais dans la capacité à transformer leur richesse minérale en levier de souveraineté financière.
L’absence du continent africain dans le haut du classement mondial illustre ainsi un paradoxe persistant : des sols riches, mais des coffres encore peu garnis.


