Au Sénégal, une affaire mêlant homosexualité et accusations de transmission volontaire du VIH suscite une forte mobilisation médiatique et judiciaire. Douze hommes, parmi lesquels deux personnalités connues du public, ont été arrêtés par la gendarmerie et présentés devant la justice pour plusieurs chefs d’inculpation, dont des « actes contre nature », une infraction pénale dans le pays.
Les forces de l’ordre ont indiqué que les suspects sont poursuivis pour « association de malfaiteurs », « actes contre nature », « mise en danger de la vie d’autrui » et « transmission volontaire du VIH ». Parmi les personnes interpellées figurent l’animateur de radio et de télévision Pape Cheikh Diallo et le chanteur Djibril Dramé.
D’après les autorités, certains des mis en cause seraient séropositifs, ce qui a conduit les enquêteurs à retenir l’accusation de transmission volontaire du VIH, une infraction prévue par la loi sénégalaise de 2010, passible d’amendes et de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans. Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont interdites par le code pénal sénégalais et peuvent être sanctionnées par des peines de prison allant de un à cinq ans.
Cette affaire intervient dans un contexte où l’homosexualité demeure fortement stigmatisée et régulièrement au cœur du débat public. Avant son accession au pouvoir, le Premier ministre Ousmane Sonko avait exprimé son intention de renforcer la répression en proposant un durcissement des sanctions prévues par la loi. Les douze suspects ont été présentés à la justice le lundi 9 février, et une information judiciaire a été ouverte.


