Un important réseau de falsification de documents d’état civil a été mis au jour au sein de la mairie de Marsassoum, dans la région de Sédhiou. L’opération, révélée par L’Observateur dans son édition du vendredi 23 janvier, a permis de démanteler un système de corruption structuré impliquant quatre personnes, dont la responsable du centre d’état civil de la commune.
L’enquête trouve son origine à Dakar, après l’interpellation d’une ressortissante bissau-guinéenne par la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF). Cette dernière tentait d’obtenir une carte nationale d’identité sénégalaise à l’aide d’un extrait de naissance frauduleux. Placée face aux preuves, elle a reconnu les faits, fournissant ainsi des éléments déterminants ayant permis à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de remonter une filière organisée reliant Dakar, Ziguinchor et Marsassoum.
Les investigations ont mis en lumière un mode opératoire bien rodé. Chaque faux extrait de naissance était vendu au prix de 30 000 francs CFA. Les sommes perçues étaient ensuite réparties entre les différents acteurs du réseau : 15 000 francs CFA revenaient au fabricant du document, tandis que le reste était partagé entre plusieurs intermédiaires, dont un agent de sécurité de proximité affecté aux Eaux et Forêts, un comptable matière du lycée de Marsassoum, identifié comme M. Sané, ainsi qu’un membre de la famille Mendes.
Au cœur du dispositif, la responsable du service de l’état civil, identifiée comme Ndioma Sylla, a reconnu avoir utilisé d’anciens registres comportant des pages vierges. Ces documents officiels étaient exploités pour inscrire frauduleusement de nouvelles identités, conférant ainsi une apparence de légalité aux extraits de naissance délivrés.
Plusieurs registres d’état civil ont été saisis et placés sous scellés dans le cadre de la procédure. Les quatre personnes mises en cause ont été placées en garde à vue pour faux et usage de faux, complicité, obtention frauduleuse de documents administratifs et association de malfaiteurs. Selon SenewebNews-RP, le dossier doit être transmis au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Sédhiou, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer l’ampleur exacte du réseau.
Source: Seneweb


