Le Royaume-Uni et le Nigeria ont conclu un accord visant à faciliter l’expulsion des migrants en situation irrégulière, des criminels étrangers et des demandeurs d’asile déboutés. Cette mesure a été annoncée le 19 mars, lors de la visite du président nigérian Bola Tinubu à Londres.
Le principal changement introduit par cet accord est la reconnaissance d’un document d’identité de remplacement, permettant d’expulser des migrants sans attendre un laissez-passer consulaire. Jusqu’ici, ces procédures pouvaient prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Pour les autorités britanniques, il s’agit d’un levier majeur pour accélérer les expulsions. Le Home Office estime que les obstacles administratifs étaient l’un des principaux freins aux retours forcés.
Les données officielles montrent une intensification des expulsions :
- Environ 1 150 retours vers le Nigeria ont été enregistrés récemment, soit presque le double par rapport aux années précédentes.
- Depuis juillet 2024, près de 60 000 expulsions et retours volontaires ont été effectués depuis le Royaume-Uni.
- Plus de 3 500 migrants ont déjà traversé la Manche depuis le début de l’année.
- En 2025, les arrivées ont atteint 41 472 migrants, un niveau parmi les plus élevés depuis 2022.
Ces chiffres expliquent la volonté de Londres de renforcer ses outils de contrôle et d’accélérer les procédures de renvoi.
Au-delà des expulsions, les deux pays ont annoncé une collaboration accrue contre :
- les réseaux de passeurs
- la fraude aux visas
- la criminalité transnationale
Un système de vérification renforcée des documents sera mis en place pour limiter les abus liés aux visas, notamment dans les filières d’études ou de travail.
Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement britannique visant à durcir sa politique migratoire. Parmi les mesures récentes :
- réduction de la durée de protection des réfugiés
- conditions plus strictes pour obtenir un séjour permanent
- restrictions accrues sur les visas étudiants et de travail
- limitation des aides pour certains demandeurs d’asile
L’objectif affiché est clair : réduire les flux migratoires irréguliers et accélérer les expulsions.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, représente un partenaire stratégique pour Londres, notamment en raison du nombre important de Nigérians vivant au Royaume-Uni et de la forte demande de visas.
Pour les autorités britanniques, cet accord pourrait permettre d’améliorer l’efficacité des expulsions tout en renforçant la coopération bilatérale. Mais il relance également le débat sur l’équilibre entre contrôle migratoire, respect des droits des migrants et relations diplomatiques entre les deux pays.


