Sous pression de son propre camp, le chef du gouvernement britannique, Keir Starmer a annoncé ce lundi 22 juin sa démission devant le 10 Downing Street. Le Royaume-Uni aura son septième Premier ministre en dix ans.
Visiblement ému, la voix brisée par les larmes, Keir Starmer a officialisé son départ en déclarant : il quitte la tête du parti travailliste, tout en assurant rester en poste jusqu’à la désignation de son successeur.
Arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante du Labour, l’ex-avocat de 63 ans n’aura pas résisté à deux ans de turbulences. Une économie atone, une hausse du coût de la vie, et plusieurs erreurs de gouvernance — dont la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, avant son limogeage suite à ses liens révélés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein — ont sérieusement entamé sa crédibilité.
Le coup de grâce est venu des urnes. Début mai, le Labour a subi une déroute aux élections locales face au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage. La semaine dernière, Andy Burnham, maire du Grand Manchester et figure populaire surnommée « le roi du Nord », a remporté une législative partielle avec 54,8 % des voix, s’imposant comme le grand favori à la succession de Starmer.
Vendredi encore, ce dernier affirmait vouloir se battre pour rester. Mais la pression des députés travaillistes, jugée « écrasante » par la presse britannique, a finalement eu raison de sa résistance. Donald Trump lui-même avait anticipé la chute dès dimanche, lui souhaitant « le meilleur » sur sa plateforme Truth Social.
Andy Burnham devrait désormais prendre la tête du Labour et du gouvernement, après son investiture officielle à Westminster ce lundi.


